Travaux d’architecture

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A la gloire du Grand Architecte de l’Univers

 

Vénérables Maîtres en vos degrés

Et qualités

       Autorité et Collégialité en Franc-maçonnerie.

 

L’autorité se définit comme un droit, un pouvoir de commander, de décider et de se faire obéir. C’est tout autant une capacité qu’une faculté à faire faire ou à faire accepter par autrui une action ou à accepter une décision, un comportement prescrit.

L’autorité ne peut donc seulement se définir purement et simplement comme un attribut du pouvoir car il s’agit d’une réalité tout autant sociologique et psychologique que juridique.

L’autorité suppose, pour être effective, non seulement une acceptation mais aussi une reconnaissance et une confiance. La notion de légitimité est étroitement liée à celle d’autorité, aussi bien dans les sphères politiques et économiques que dans les espaces maçonniques.

L’autorité ne se satisfait donc pas uniquement d’une légitimité juridique mais repose également sur des liens, des rapports humains. Il n’est donc pas surprenant que l’on parle souvent de charisme et d’aptitudes managériales (gestion de la relation) pour expliquer l’autorité dans l’entreprise. Mais cette explication n’est pas pertinente en Franc-maçonnerie.

Le mot autorité vient du mot autoritas qui est un dérivé du mot latin auctor dont l’origine provient elle-même du verbe augeo. Augeo signifie augmenter, accroître en Latin.

Mais ce rapprochement entre les mots auctor et augeo est insuffisant pour expliquer la puissance du mot autorité, notamment sur les plans politiques et religieux.

La racine aug en indo-iranien désigne la force, notamment divine, un pouvoir d’une nature particulière, presque surnaturelle. « Il n’est aucune autorité qui ne vienne de Dieu » telle était la doctrine médiévale, affirmée au Moyen-âge par Grégoire VI au Xème siècle.

Dès lors, le mot augeo peut se comprendre par extension comme la capacité de produire, de réaliser dans ce monde la puissance créatrice des Dieux, tel que les comprenaient les Anciens sous l’Antiquité, et pour nous l’immanence du G:.A:.D:.L:.U:. 

Si cette doctrine apparaît en complet décalage par rapport aux théories contemporaines, elle reste au centre de la démarche traditionnelle.

En fait à l’image de la construction progressive du monde en 6 jours, il s’agit pour l’initié que nous sommes de construire en nous-mêmes et à partir de nous-mêmes, une résonance avec la dimension et l’énergie qui participent à la création sans cesse renouvelée de l’univers en mettant notre nature, notre être en harmonie avec les constituants cosmiques et les règles qui la dirigent.

Il est fondamental de comprendre que dans la vision traditionnelle le Tout Autre, le supra humain habite ontologiquement l’homme. L’être humain est le canal agissant du Principe, s’il y avait une coupure entre Dieu et ses créatures l’univers ne serait plus Un. Le Verbe est une énergie sans cesse rayonnée par le divin que nous appelons le G:.A:.D:.L:.U:. ; le FIAT LUX( la voie lumineuse pour sortir de la matrice illusoire) n’est que la soumission des vibrations de cette énergie suivant la loi dictée par le Tout Autre dans le monde manifesté : l’harmonie.

Le Franc-maçon traditionnel ne peut concevoir son parcours initiatique que dans une Obédience Régulière telle que La GLML ou Autre (je ne fais pas référence à ma Reconnaissance). Elle fait vivre collectivement et individuellement par les Frères dans le cadre de rituels la démarche de perfectionnement et d’approfondissement de notre foi dans un Être Suprême.

L’autorité de l’Obédience est ainsi assise sur cette démarche collective. Elle est gardienne des rituels et de leur bonne exécution. Elle veille également au respect par les Frères des principes moraux qui doivent guider leur comportement.  Cette autorité se matérialise dans l’édiction d’un code maçonnique qui regroupe les règles de fonctionnement de l’Obédience et des Loges et dans la compétence exclusive d’attribution d’une charte qui autorise des Frères à se réunir et à pratiquer ensembles un rite et des cérémonies.

D’un certain point de vue, l’organisation obédientielle assure une permanence au fil des années, une stabilité qui perdure au-delà des aléas de la vie profane. Les maçons s’en vont mais la maçonnerie reste, plus précisément la maçonnerie de Tradition.

L’évolution est la loi de la vie, le nombre est la loi de l’univers, l’unité est la loi de Dieu.

D’un certain point de vue, le Vénérable Maître contribue à faire vivre ces 3 lois dans la loge. Il veille à la progression initiatique de ses Frères par les passages de grade et la formation. Il assure aussi que l’accueil de nouveaux Frères reste une préoccupation présente pour éviter la sclérose et le repli sur soi. Par là-même, il se préoccupe de la croissance de sa Loge. Enfin, il préserve l’unité en recherchant l’harmonie et le dépassement de la dualité.

Certes, le Vénérable Maître est élu ce qui lui confère une légitimité indéniable. Il dispose aussi d’un pouvoir reconnu par le Code et les statuts de l’Obédience sur lequel nous reviendrons infra mais surtout il doit cultiver l’exercice de la collégialité dans la Loge pour préserver l’unité. Ce paradoxe de l’unité dans la collégialité n’est qu’apparent. En effet, aussi bien en tenue qu’à l’Agape, le Vénérable Maître doit veiller à faire circuler la parole.

Promouvoir la collégialité consiste à dépasser la notion de collectif pour partager l’information, pour développer les échanges et susciter l’adhésion aux décisions qui sont prises. L’instauration d’un Comité de Maîtres, d’un Comité de Loge avec les PM favorise la collégialité. De même, l’organisation de tenues au 3ème degré la conforte.

Comme dans une entreprise, l’exemple donné fonde l’autorité et inspire le comportement des Frères.

Un Vénérable qui pratique la congruence, c’est-à-dire qui met en adéquation ses propos et ses actes, qui est à l’écoute de ses officiers et de ses Frères, qui est attentif au bon déroulement du rituel est un Vénérable qui inspire pour le moins le respect mais très probablement aussi l’amour fraternel.

Le Code traite ensuite des devoirs, et non des pouvoirs, des officiers de la Loge. Le changement de terme marque la prééminence du Vénérable Maître mais également exprime l’idée que les officiers sont au service de la Loge, c’est particulièrement vrai pour les Surveillants, le Trésorier et le Secrétaire.

Le Vénérable Maître, pour reprendre des termes profanes, est un coordinateur, un inspirateur. S’il est dynamique, la Loge le sera également. Mais il est plus que cela, c’est un psychopompe sur le plan spirituel. Son rôle est fondamental dans la mise en œuvre du rituel. Son investissement personnel, sa foi jouent un rôle essentiel dans l’émergence d’un égrégore au sein de la Loge.

Très Respectable Grand Maître  de la Grande Loge Des Maçons Libres

Très Respectable Vénérable Maître de la Respectable Loge Union Fraternelle Orient de Sarrebourg

Devoir et liberté personnelle

 


Le thème que je vous propose à notre réflexion est : « Devoir et liberté personnelle ».

Les FF AA pourront s’exprimer sur ce sujet lors de l’Agape , la parole leur sera donnée

Le Devoir

Il se définit comme « Ce qu’on doit faire, ce à quoi l’on est obligé par la loi ou par la morale, par son Etat ou les bienséances.
Faire son devoir, c’est agir comme on doit agir.
La liberté c’est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir, le choix reconnu à chacun d’accepter ce qui existe. La Liberté caractérise un état exempt de toute contrainte.

Rappel du travail d’Architecture que je vous ai déjà lu

– qu’est-ce que le devoir ?
– qu’est-ce que la liberté ?
– comment le franc-maçon peut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

I –  Qu’est ce que le devoir ?

Les devoirs pour l’apprenti Franc-maçon qui s’engage sur le chemin de la connaissance sont : le silence, la présence régulière aux tenues, le maniement du maillet et du ciseau avec efficacité et persévérance etc…
Notre premier devoir est de nous mettre à couvert de toute pollution mentale et psychologique pour voir ce qui existe et que nous n’avons jamais pris le temps de regarder.
La Franc-maçonnerie n’impose pas comme premier devoir de faire son salut de toute force en fuyant la réalité de la vie quotidienne, mais de devenir un homme conscient  de ses limites et de sa grandeur.
Les premiers devoirs sacrés et plus pressants que la nature et la conscience nous imposent sont : une famille à entretenir, des enfants à élever, de vieux parents à soutenir, des engagements civils à remplir.
Le Devoir est la grande loi de la franc-maçonnerie.  Les Devoirs généraux de l’initié sont :
         Fuir le vice et pratiquer la vérité
         Se taire devant les profanes
         Chercher la vérité
         Vouloir la justice (suivi des lois)
         Aimer ses frères
         Se soumettre à la loi
En ce qui concerne les principes, la Grande Loge Des Maçons Libres se réfère aux anciens devoirs, notamment quant au respect des traditions de la franc-maçonnerie et quant à la pratique scrupuleuse et sérieuse du rituel et du symbolisme en tant que moyen d’accès au contenu initiatique de l’ordre.
Les anciens devoirs des francs-maçons sont : un maçon est obligé d’obéir à la morale, d’appartenir à une loge et de soumettre aux règlements généraux. Les personnes admises comme membres d’une loge doivent être des hommes bons, loyaux, libres et de bonnes mœurs. Toute promotion doit être fondée uniquement sur la valeur réelle et sur le mérite personnel.
Tout frère doit être secouru au besoin dans la limite des moyens.
Le maçon doit cultiver l’amour fraternel.
Au cours de l’initiation, le V
Mrappelle au récipiendaire que la franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l’ignorance sous toutes ses formes : c’est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice (suivre la Loi), aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique. Ainsi lorsqu’on persévère dans la vertu, la vie devient calme et paisible.
Le franc-maçon ne doit jamais oublier le principe de morale sublime : « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fais à toi-même ». Il doit être pénétré du principe qui en découle » : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fassent à toi-même ».
Un initié se soumet sans réserve à la loi. Il se soumet scrupuleusement à la législation de tous les pays où il leur est permis de se réunir librement.
La grande route de devoir conduit à la vérité qui est la lumière.

L’ordre maçonnique peut exiger du FMqu’il verse jusqu’à la dernière goutte de son sang pour sa défense et pour celle de ses frères : c’est le sacrifice suprême. Celui qui vit sans accomplir son devoir d’évolution et de connaissance, sans s’y adonner de toute son âme, quelles que soient ses obligations du moment, sent sa vie vide, difficile et insatisfaisante.  « Malheur à ceux aspirent à ce dont ils sont indignes ».
« Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent porter ».
«  Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui ensuite, les négligent ».

 

II- Qu’est ce que la liberté ?


C’est la possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer, selon ses propres choix. C’est l’exercice des droits naturels de chaque homme, selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (révolution française de 1789).
Mais c’est aussi la possibilité assurée par la loi et le système politique et social, d’agir comme on l’entend, sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits d’autrui ou à la sécurité publique.
La liberté n’est pas dans le refus mais dans l’acceptation et la juste adaptation. Le profane avance en tout premier fleuron ses droits. Il clame ses droits et oublie ses devoirs.
Pour le franc-maçon c’est la liberté de l’initiable, de celui qui cherche, qui ne cultive  ni certitudes, ni croyances bloquées, mais celui qui reste ouvert à l’autre et à la connaissance. Reçu  Franc-maçon et virtuellement initié en homme libre, c’est à dire affranchi, consciemment libéré des préjugés vulgaires, des passions et du fanatisme aussi bien collectif et individuel, il avance, armé de ses outils, sur la voie étroite de sa quête initiatique.
Notre liberté est d’accepter, accepter un collègue énervé, une femme en retard, un enfant dernier en classe, une averse sur un dimanche de pique nique, une voiture récalcitrante. Notre liberté réside dans notre capacité à accepter la réalité, y compris la réalité de notre refus, de notre énervement, de notre mesquinerie, de notre jalousie, de notre avarice ou de notre souffrance. Difficile à accepter la souffrance alors que d’instinct, nous cherchons le plaisir et le bien-être facile. Lorsque nous refusons la réalité nous entrons en conflit. Celui qui vit sous la pression de ses phantasmes, de ses peurs,  de ses désirs et de ses aveuglements ne peut être libre. Il est l’esclave de ses pulsions automatiques.
Car la liberté du franc-maçon, loin d’être conférée, est progressivement conquise par  le dégrossissage de la pierre brute, par le dépouillement de soi-même pour atteindre l’essence divine ; cette intériorité où l’on découvre l’autre, où l’on réalise qu’il nous est semblable.

C’est dans l’âme seule en effet que la vraie liberté peut se développer et s’épanouir.
Mais comment accomplir son devoir tout en étant un homme libre ?

Comment le FMpeut-il accomplir son devoir en étant un homme libre ?

Le Franc-maçon, homme libre, n’élude aucun des devoirs qu’implique un manifestation .Être libre pour un initié, ce n’est pas être libre vis-à-vis de ses devoirs, mais être libre de ses automatismes conscients et inconscients pour se tourner vers l’ordre réel, vers les énergies subtiles et orienter sa raisonnance . .
Mais pour accomplir son devoir dans la liberté, il faut d’abord les connaître, les aimer et les utiliser au bénéfice de soi et de l’autre. Et il est plus facile de faire son devoir que de les connaître. La tolérance  sera le point d’équilibre nécessaire, car parfois le devoir fait mal.
Et dans nos ateliers, nous travaillons pour que s’accomplisse l’union de ces deux concepts, avec la liberté comme clé et chemin confié à l’initié, et le devoir comme grande loi de la franc-maçonnerie.
L’initié jouit d’une entière liberté, parce qu’il est pleinement raisonnable et que par la suite, il ne peut faire qu’un usage de sa volonté. C’est en ce sens le maçon doit être libre dans une loge libre.

La Bible des francs-maçons

C’est un problème relativement complexe parce que nous pouvons l’envisager sous différents aspects complémentaires. D’abord celui essentiel, de la présence ou non de la Bible, ou, plus généralement, du Volume de la Loi Sacrée (vLs) dans l’Atelier, ensuite le rôle qu’elle joue ou ne joue pas dans le « lieu » maçonnique, en tant que « lumière » ou que « meuble ». S’ajoute la part de la Bible dans la trame du récit maçonnique qui présente la particularité qu’elle partage avec le compagnonnage de compléter un fond scripturaire, essentiellement vétérotestamentaire, par toute une série de légendes parabibliques qui développent le récit pour en tirer une leçon symbolique ou morale ; enfin, l’extraordinaire variété des « mots » correspondant à chaque grade, mots de passe, mots sacrés, « grandes paroles » dont bien des rites – et tout particulièrement le rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) en ses trente-trois degrés – ne sont pas avares.

Quelques remarques préliminaires tout d’abord. Nous serons sans doute incomplet, mais nous privilégierons les rites que nous connaissons bien et particulièrement ceux que nous avons pratiqués, régulièrement ou occasionnellement, car, à notre sens, la Maçonnerie, pour être vraiment comprise, doit être vécue spirituellement et affectivement, et elle n’est pas seulement synonyme de connaissance. Aussi notre commentaire sera-t-il essentiellement fondé sur les trois rites principaux pratiqués en France : le Rite français, le REAA, le Rite Ecossais Rectifié, car nous ne connaissons les rites anglais que par des textes que nous nous sommes plus ou moins régulièrement (nous en convenons volontiers !) procurés. D’autre part, à notre grand regret, nous n’avons pu, pour des raisons essentiellement linguistiques, utiliser les rituels allemands ou suédois. Quant aux rites pratiqués dans les pays latins, ils n’offrent pas grande originalité par rapport à ceux que nous connaissons déjà.

Autre observation. Il sagit de « rites » et non d’« obédiences ». Par conséquent, nous ne tenons aucun compte des « exclusives », « excommunications » ou affirmations d’irrégularité. D’ailleurs, le Rite français, tel qu’il est pratiqué au Grand-Orient ou le REAA à la Grande Loge sont-ils si différents des rites du même nom utilisés à la Grande Loge Nationale française ? Non, sans doute, car leurs sources sont communes. Nous avons même (horresco referens) fait quelques allusions à la « Maçonnerie d’Adoption » qui s’est maintenue jusqu’au milieu du XIXe siècle, la Maçonnerie féminine actuelle s’étant contentée d’aménager – fort intelligemment d’ailleurs – les textes masculins du REAA ou du Rite français.

Notons aussi que le Schibboleth de la régularité, aux yeux de la Grande Loge Unie d’Angleterre, n’est pas la Bible stricto sensu, mais le VLS, c’est-à-dire tout livre de base à caractère religieux et la croyance dans le Grand Architecte et à Sa Volonté révélée. Or, si la Maçonnerie a, depuis les Constitutions d’Anderson de 1723, la prétention, par ailleurs quelque peu justifiée, d’être le « centre de l’Union » et de regrouper « des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur » et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les « distinguer », elle n’en est pas moins le résultat d’un héritage, d’une tradition et de circonstances historiques qui lui ont donné une structure mentale et un équipement intellectuel chrétien, essentiellement réformé au départ, plus oecuménique par la suite. Il existe – et nous n’avons pas à la traiter – une Maçonnerie « sans Bible ».

Effectivement, partout où la Bible n’est pas la nourriture quotidienne des Frères, elle s’estompe ou disparaît, au profit du « livre de la Constitution » en Belgique et en France – évolution qui n’est nullement incompatible avec la croyance au Grand Architecte ainsi que le montre l’histoire du Rite français de 1787 à 1878 Où on prêtait serment devant le Grand Architecte ainsi sur le « Livre de la Loi ». En Israël, c’est évidemment la Tora, sans le Nouveau Testament, ailleurs, le Coran, l’Avesta, Confucius. Le REAA précise, en plus de la Bible, les Védas, le Thipitaka, le Koran, le Zend Avesta, le Tao Teh King et les quatre livres de Koung Fou Tsen. A la loge (anglaise) de Singapour, les Frères possèdent une douzaine de livres sacrés. Et le F. Rudyard Kipling exprime parfaitement cet oecuménisme : « Chacun de nous parlait du Dieu qu’il connaissait le mieux ». Mais où commence et finit le sacré ? Pourquoi pas les Pensées du président Maô ? On peut d’ailleurs se demander si la pratique de religions comme le confucianisme est en harmonie avec le concept de « Volonté Révélée » telle que la conçoivent les religions monothéistes de l’Europe ou du Moyen-Orient.

Enfin, nous faisons, ou nous essayons de faire un travail d’historien. Ce qui signifie que nous aurons soin de distinguer ce qui est historique, ce qui est biblique et, par rapport à la Bible et à l’histoire, ce qui est pure légende, en précisant bien que, pour aucun Maçon, la légende n’est ce qu’est la tradition dans la dogmatique catholique, c’est-à-dire quelque chose qui prend valeur doctrinale. D’autre part, il ne nous appartient pas davantage de faire l’exégèse de ce qui est d’inspiration biblique et a fortiori des textes utilisés. Encore moins, de pratiquer les méthodes allégoriques, typologiques ou anagogiques chères aux Pères de l’Eglise et aux dialecticiens du Moyen Age et dont on trouve de nombreuses traces dans les « Old Charges » (les vieux devoirs) qui réglaient la Maçonnerie opérative. Pour nous, le Temple de Salomon est un édifice construit par un Roi d’Israêl à la gloire de Yahwe et nous n’avons pas à nous demander s’il préfigure l’Eglise ou le Christ. Ce qui paraitra peut-être simpliste à quelques-uns, mais nous ne croyons pas à la vertu du mélange des genres.

Analysons d’abord notre premier point : la Bible, « instrument » en loge, sur laquelle on prête serment. Il n’est pas besoin de faire preuve de vaste érudition pour constater que la Maçonnerie « opérative », celle des bâtisseurs, très liée au monde clérical au moins par la construction des cathédrales, était – comme d’ailleurs l’ensemble des corps de métiers – des « guildes d’artisans », des « compagnies » diverses – d’inspiration chrétienne, catholique en Angleterre jusqu’à la Réforme, anglicane ou réformée par la suite. En France, Italie, Espagne, ils sont restés fidèles à l’Eglise romaine jusqu’à leur disparition naturelle ou leur suppression révolutionnaire. Avec parfois la doublure d’une confrérie professionnelle, le plus souvent distincte des confréries de pénitents. Es étaient placés sous l’invocation des saints protecteurs de la profession, et, pour les « gens du bâtiment », très particulièrement les « Quatre Martyrs Couronnés » (fluatuor Coronati) que l’on rencontre en Angleterre, mais aussi en Italie (Rome) et en France (Dijon). De plus, il ne semble pas qu’à l’inverse des compagnonnages, toujours suspects à l’Eglise et au pouvoir civil, ces « corps » aient, si peu que ce soit, rompu avec l’orthodoxie. Mais revenons à l’Angleterre.

Il est difficile d’affirmer que la Bible figurât dans le « matériel » des loges opératives anglaises avant la Réforme, au moins d’après ce que nous permettent de saisir les « Old Charges ». Par contre, nous savons qu’on y prêtait serment, ce qui n’a rien d’original, puisque le « métier juré » était un peu partout la règle. Le fait est que les premiers documents – le Regius (c. 1370) et le Cooke (c. 1420) – sont parfaitement silencieux. Aussi aucune hypothèse n’est à exclure : la Bible lorsqu’on pouvait s’en procurer une, ce qui, avant le développement de l’imprimerie n’était peut-étre pas si aisé, le « livre » des statuts et règlements corporatifs, des reliques comme c’est si souvent le cas en France ? De toute façon, le serment avait un caractère religieux qu’il a conservé – sauf dans la Maçonnerie « sécularisée ».

Les documents plus récents, mais aussi postérieurs à la Réforme, sont plus explicites et le serment sur la Bible est, le plus souvent, affirmé par le « Grand Loge Manuscript », n° 1 (1573), le n° 2 (1650), le « Manuscrit d’Edimbourg » (c. 1696) : « On leur fait prendre la Bible et prêter serment », le « Crawley » (c. 1700) où le postulant jure sur le livre saint par « Dieu et saint Jean », le « Sloane » de la même époque, à propos duquel le doute reste cependant permis, le « Dumfries n° 4 » (c. 1710). On peut donc admettre que, depuis la Réforme, le serment sur la Bible était devenu la règle, ce qui faisait dire à l’historien français A. Lantoine que c’était là un « landmark de contrebande huguenote », mot amusant, mais indiscutablement exagéré. Cette constatation ne doit pas nous faire perdre de vue la parfaite orthodoxie catholique d’abord, anglicane ensuite, des « Old Charges ». Sur ce plan, le texte le plus caractéristique est sans doute le « Dumfries n° 4 » (c. 1710), découvert dans les archives de la Loge de cette petite ville, située en Ecosse, mais aux confins de l’Angleterre. L’auteur donne du Temple de Jérusalem l’interprétation chrétienne et symbolique traditionnelle et sinspire à la fois de Bède le Vénérable et de John Bunyan. Les prières sont strictement « nicéennes ». Les « obligations » exigent la fidélité à Dieu, à la Sainte Eglise catholique (c’est-à-dire anglicane dans le sens du Prayers Book) en même temps qu’au Roi. Les échelons de l’Echelle de Jacob évoquent la Trinité et les douze Apôtres, la mer d’Airain est le sang du Christ, les douze bœufs, les disciples, le Temple, le fils de Dieu et l’Eglise ; La colonne jakin désigne Israël, la colonne Boaz l’Eglise avec une pointe d’anti-judaïsme chrétien. On lit avec surprise : « Qu’elle fut la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple – Dieu fut homme et un homme fut Dieu. Marie fut mère et pourtant vierge. Tout ce symbolisme traditionnel et la « typologie » chrétienne, admise jusqu’au développement de l’exégèse moderne, se retrouventdans ce rituel. Catholicisme romain, affirme Paul Naudon. Certainement pas – ou mieux, certainement plus – car on peut penser qu’il s’agit là du remaniement d’un texte plus ancien. Les citations bibliques sont empruntées à la « Version Autorisée » du roi Jacques, ce qui témoigne de l’orthodoxie anglicane du temps de la pieuse reine Anne.

Si la Maçonnerie était restée fidèle à cette orthodoxie, elle n’eût pu avoir de prétentions à l’Universalisme. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est régulièrement produit chaque fois que l’on a voulu rattacher plus strictement le rituel maçonnique à une confession. Le Rite suédois, d’essence luthérienne, n’a pas débordé de son pays d’origine. Le Rite Ecossais Rectifié, de tonalité nettement chrétienne, a vu son expansion limitée.

Par contre, le REAA, les rites agnostiques, les rites anglo-saxons « déconfessionnalisés » sont susceptibles d’un développement infini. C’est donc le grand mérite d’Anderson et des créateurs de la Grande Loge de Londres d’avoir parfaitement compris le problème. Les Constitutions de 1723 ont permis cet élargissement, bien dans la ligne d’une Angleterre déjà orientée vers les flots.

Donc, en pays chrétien, la Bible était et est restée le VLS, les témoignages du XVIIIe siècle sont à peu près unanimes et les choses n’ont guère changé. En pays anglo-saxon, elle est la première « lumière symbolique », l’Equerre et le Compas étant les deux autres. Au rite Emulation actuel, la Bible doit être ouverte sur le plateau du Vénérable, orientée en tel sens que le dignitaire puisse la lire et recouverte par l’équerre et le compas. La page à laquelle le livre n’est pas ouvert n’est pas indiquée, mais il est de tradition – et de bon ton – de l’ouvrir à l’Ancien Testament lorsque l’on initie un israélite. Aux Etats-Unis, la Bible est généralement déposée sur un autel particulier au milieu du Temple.

Au REAA, la Bible est présente, ouverte pendant les travaux et placée sur l’« autel des serments » installé au pied des marches conduisant à l’Orient et qui est recouvert d’une étoffe bleue bordée de rouge (les couleurs de l’Ordre). Il peut être ouvert à tout endroit ; on l’ouvre de préférence à Il Chroniques 2.5 et à I Rois 6.7 Où il est question de la construction du « Temple de Salomon ».

En France, la Bible a connu des sorts différents. Les documents les plus anciens que nous possédions témoignent d’une grande religiosité, d’orientation quelque peu janséniste, et nous savons, par les textes d’origine policière, que la Bible était ouverte au premier chapitre de l’Evangile de Jean. Tradition qui s’est parfaitement conservée au Rite Rectifié, d’inspiration nettement plus chrétienne. Mais, en pays catholique, la Bible n’est pas, comme en Angleterre, la nourriture spirituelle de la majorité des citoyens, d’autant mieux que le concile de Trente en avait limité les possibilités de lecture pour les simples fidèles. Aussi, tout en conservant une expression religieuse sous la forme du Grand Architecte, qui ne sera remise en question qu’en 1877, la Maçonnerie française, dans son expression majoritaire, la Grande Loge, puis le Grand-Orient, vit disparaître lentement le livre de l’« outillage des Loges » dès le milieu du siècle. Lorsque, dans les textes d’unification du Rite français de 1785 – 1786, le « Livre des Constitutions » prit place, à côté de l’équerre et du compas, sur le plateau du Vénérable, il n’y eut aucune protestation et meme les Anglais ne s’en formalisèrent pas.

Sauf dans les rites totalement sécularisés – comme l’actuel Rite français – les serments qui accompagnent l’initiation et les « augmentations de salaire » sont prêtés sur le VLS. Ce qui, en 1738, irritait fort le pape Clément XII qui, dans la célèbre bulle d’excommunication In Eminenti, parle du « serment strict prêté sur la Sainte Bible ». Il est bien évident que, pour le monde anglo-saxon, un serment n’a de valeur que tout autant qu’il a une portée religieuse, attitude que l’on retrouve dansles tribunaux ou lors de l’« inauguration » d’un Président américain.

Il n’y a pas eu de gros changements en trois siècles : le « Colne Manuscript n° 1 » précise la forme du serment : « L’un des plus anciens, prenant la Bible, la tiendra présentée, de telle sorte que celui ou ceux qui doivent être faits maçons puissent poser et laisser étendue leur main droite sur elle. La formule du serment sera ensuite lue. » Au Rite Emulation actuel, le candidat est agenouillé et place sa main droite sur le Volume de la Loi Sacrée, tandis que sa main gauche tient un compas dont une des pointes est dirigée contre le sein gauche mis à nu. Lors du prononcé de l’obligation, le Vénérable, de sa main gauche, tiendra le Volume en précisant que la promesse est faite « sur ceci ». Au Rite Ecossais Rectifié – qui a conservé quelque chose de la tradition chevaleresque de la Maçonnerie française des Lumières, parfaitement absente en pays anglo-saxon – le candidat pose sa main sur l’épée nue du Vénérable posée sur la Bible ouverte au premier chapitre de saint Jean. La promesse est faite sur « le Saint Evangile ». Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, le postulant place sa main droite sur les « trois grandes lumières » qui sont sur « l’Autel des Serments, Volume de la Loi Sacrée, Equerre et Compas », tandis que le Grand Expert met une pointe de compas sur son coeur et, « sous l’invocation du Grand Architecte de l’Univers », le postulant « jure solennellement sur les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie ».

En France, dans les années 1745, d’après le Secret des Francs-Maçons de l’abbé Pérau, le postulant s’agenouillait, le genou droit découvert, la gorge mise à nu, un compas sur la mamelle gauche et la main droite sur l’Evangile, « en présence du Dieu tout-puissant et de cette société ». A noter que le Rite français de 1785 prescrit le serment « sur les statuts généraux de l’Ordre, sur ce glaive symbole de l’honneur et devant le Grand Architecte de l’Univers (qui est Dieu) ».

Comment la Bible est-elle utilisée en maçonnerie ?

On la trouve d’abord dans l’histoire ou dans la pseudo-histoire de l’ordre – ou du métier de constructeur – qui s’est transmise, en s’affirmant, du XIIIe siècle (et même sans doute auparavant) à nos jours. Ensuite par l’existence de “ légendes ” rattachées à la trame historique biblique, enfin par les “ mots ”. Mais le “ biblisme ” n’est pas seul en cause. Au XVIIIe siècle, il interfère avec la Kabbale que l’on connaissait assez bien depuis la Renaissance, l’alchimie la plus traditionnelle, une tradition d’ésotérisme chrétien qui pouvait remonter au Moyen Age, les légendes chevaleresques imaginées par Ramsay et templières introduites par Hund, la théosophie de Mertinès de Pasquallis et de Claude de Saint-Martin.

Au Moyen Age

Le récit légendaire – c’est-à-dire les “ antiquités ” de l’Ordre – s’est développé à travers les “ Old Charges ” jusqu’à Anderson qui lui a donné sa forme définitive. Le manuscrit “ Regius ” se contente d’Euclide (ce qui prouve qu’il a été rédigé par un clerc) et du roi saxon Athelstan. Le “ Cooke ” est plus complet, fait intervenir l’Ancien Testament, et lui seul, à grands coups d’expressions empruntées à Isidore de Séville ou à Bède le Vénérable et évoque une succession Adam, Enoch, Tubal Caïn, le Déluge, Noé, La Tour de Babel, Abraham (qui apprit la géométrie à Euclide !), David, Salomon. Puis, on passe en France avec Charles II (Charles Martel ou Charles le Chauve) et en Angleterre avec Athelstan.

Bien entendu, le récit fourmille d’anachronismes, mais l’essentiel y est : l’existence du “ métier ” depuis la création du monde, la lignée des Patriarches, leur liaison avec la science profane (ici Euclide), les rois bâtisseurs d’Israël. Après quoi, on passe assez brutalement à la France carolingienne et à l’Angleterre par un saut de plus de 1500 ans ! Or, ce récit du manuscrit Cooke, quelle que soit son incohérence, est le texte de base des “ Old Charges ”. Celles-ci se transmettront jusqu’à Anderson : Adam et sa descendance directe, Noé, la Tour de Babel, Abraham, Salomon sur le plan biblique, Euclide, Charles de France et Athelstan d’Angleterre sur le plan profane. Mais le récit se complétera par l’interférence de l’Arche d’Alliance, des deux colonnes antédiluviennes, du Temple de Zorobabel, et, sur le plan profane, de Pythagore, d’un obscur Naemus Graecus ou Grenatus et des Phéniciens (appelés parfois vénitiens !) qui font la liaison entre Zorobabel et le grand-père de Charlemagne.

Anderson et l’Ancien Testament

Tout ce matériel, dans l’ensemble homogène, devait être mis en oeuvre de façon rationnelle, au moment où la maçonnerie cessait d’être affaire de gens de métier pour devenir affaire de gentlemen qui connaissaient leur Bible et avaient quelque teinture d’humanisme. C’est Anderson qui se chargea de la tâche. Il savait des Ecritures – ce qui est la moindre des choses satisfaisante. Aussi, le révérend a-t-il réalisé un récit cohérent, strictement scripturaire, ne laissant aucune place aux légendes, en harmonie, et avec la “ chronologie ” adoptée par les Eglises anglaises à l’aube du XVIIIe siècle, mais aussi avec ce que l’on savait de l’Orient ancien. Les anachronismes disparaissent, grâce à un cadre de dates précis et relativement exact – au moins depuis la “ vocation ” d’Abraham – et le récit est conduit selon les schémas bibliques d’Adam à Zorobabel. L’“ histoire sainte ” s’arrête au deuxième temple et c’est là une constante des “ Old Charges ” qui font passer le relais de Jérusalem aux Carolingiens comme elles peuvent et d’une manière parfois saugrenue.

Au contraire, le pasteur voit nettement le flambeau passer à l’histoire biblique au monde mésopotamien et grec dont les architectes sont issus en droite ligne de l’ “ école de Jérusalem ”, c’est-à-dire des élèves de “ Maître Hiram ” et dont les techniques passèrent ensuite à Rome et à l’Occident. Ezéchiel, le Temple d’Hérode, le Nouveau Testament sont totalement occultés. Le Christ est cependant mentionné comme “ Grand Architecte de l’Eglise ”.

Le Nouveau Testament

La trame de l’histoire légendaire de l’ordre est donc vétéro-testamentaire et le restera. Cependant, le XVIIIe siècle verra s’introduire le Nouveau Testament, essentiellement sous la forme de la Rose-Croix, où, sur les données scripturaires, viennent interférer des éléments de mysticisme luthérien, du Rite écossais rectifié qui s’affirme ouvertement “ maçonnerie chrétienne ”, de quelques hauts grades de la maçonnerie anglo-saxonne ou dans le “ Templarisme ”.

Il est permis de se demander pourquoi le Nouveau Testament est si parfaitement absent dans la légende historique ancienne et très réduit encore de nos jours. Peut-être faut-il faire intervenir le fait que le Nouveau Testament ne compte guère de “ bâtisseurs ” ni de textes permettant la naissance d’une tradition, d’une légende ou d’un rite. Le teknon de Nazareth, Joseph, est bien passif, aucun des apôtres n’était du “ bâtiment ”. La pierre dans le texte est envisagée négativement – Jésus annonce la destruction (Matth., 24, 2 ; Mc 13, 2 ; Lc 21, 6) du temple – ou symboliquement comme corps du Christ (Jn 2, 21) ou comme chrétiens (I Cor. 3, 16, 17 ; II Cor. 6, 16 ; Apoc. 3, 12, etc), sauf lorsque apparait Apoc 21, 1-27) la Jérusalem céleste, d’ailleurs modestement.

Rien en tout cas de comparable avec l’Arche de Noé, le Tabernacle de Moïse et surtout les Temples de Salomon et de Zorobabel. Cette explication nous parâit un peu “ simpliste ”. peut-être pourrions nous faire intervenir je ne sais quelle influence cléricale, plus respectueuse du Nouveau Testament que l’Ancien relayée par le protestantisme, ennemi né de la thèse “ par laquelle les papistes tâchent de maintenir que Dieu a donné puissance à l’Eglise de forger nouveaux articles de foy ” (Calvin). La question mérite, en tout cas, d’être posée.

Les légendes bibliques

Arrivons-en aux “ légendes ”. C’est un des caractères les plus originaux du Craft, caractère qu’il partage avec le compagnonnage, d’insérer, dans la trame même du récit plus ou moins historique, tel qu’il est énoncé par les clercs, de l’anonyme du “ Regius ” au Révérend Anderson, des “ légendes ” para – ou pseudo – bibliques.

Le principe et le développement en sont simples : on prend un personnage mentionné dans la Bible (ou les “ Old Charges ”) et on lui attribue toute une série d’aventures. Mutatis mutandis, ce sont les légendes épiques du Moyen Age : La Chanson de Roland en face d’Eginhard. Bien entendu, aucun frère n’a jamais vraiment cru que l’architecte Hiram avait été tué par les trois mauvais compagnons à qui il avait refusé la maîtrise, ou que Phaleg, l’architecte de la Tour de Babel, saisi de remords, s’était retiré dans les brumes du Brandebourg.

Anderson sait distinguer : il suit la trame de l’histoire biblique et profane, mais ne mentionne nulle part ces légendes dont certaines sont très anciennes mais qui, jugeait sans doute Anderson, n’avaient rien à faire dans un récit sérieux. A peine mentionne-t-il – mais en pouvant s’appuyer sur le prêtre babylonien Bérose et l’historien juif Josèphe – et seulement on note, la légende des “ deux piliers ” édifiés par “ le pieux Enoch ”. Il ne saurait être question dans ces quelques pages de disserter doctement et longuement sur l’origine de ces légendes. Certaines paraissent dater du mitan du siècle, d’autres, issues du monde profane, se sont insérées dans la trame de la progression des grades maçonniques, d’autres, venues du fond des âges, se sont plus ou moins adaptées à ce nouveau milieu, enfin un certain nombre témoignent d’interférences et sont, par conséquent, susceptibles d’interprétations diverses selon l’optique de l’intéressé.

Bien entendu, nous laisserons à l’écart tout ce qui est “ para-maçonnique ”, c’est-à-dire n’a pas cherché à rentrer, ou n’a pas pu rentrer dans l’organisation classique de l’Ordre, par exemple les légendes compagnonniques, celles de la maçonnerie “ du bois ” chère à notre collègue Brengues ou, plus banalement, les peu connus “ Abelites ” voués à l’exaltation du malheureux fils d’Adam.

L’essence du Symbole à travers les âges

Quelques lignes, quelques cercles, certaines formes réduites au minimum, des dessins sur des parois, … et cependant, ces signes ont depuis toujours incité l’homme au respect et au recueillement.

Nous sommes en Ardèche, sur les parois des salles destinées au culte, on découvre des signes, des symboles datant de l’homme des cavernes, c’est-à-dire plus de 10.000 ans avant J.C.

Certains y voient de quelconques graffitis, l’initié perçoit la mise en œuvre de symboles.

Ce sont des signes « sacrés » qui accompagnent presque tous les grands cultes de l’humanité, jusqu’à nos jours ; en maçonnerie, nous sommes des héritiers et les enseignements rituels et spirituels qui sont nos sources, nous permettent de nous réaliser au travers de symboles.

Au sens large, la franc-maçonnerie comprend de nombreux symboles, ceux-ci prennent la forme de pictogrammes, de rites, et de différents rôles, « degrés » etc…

Ces symboles ont tous une portée allégorique, liée à l’introspection que nécessite l’appartenance à la franc-maçonnerie, ou à la croyance que nous partageons en la perfectibilité de l’homme.

Notre symbolique maçonnique trouve son origine particulièrement en Europe, à l’époque médiévale, avec l’épopée des constructeurs de cathédrales présents en France, en Grande-Bretagne, en Écosse, en Allemagne…

La nouvelle société maçonnique reprend à son compte les outils de la construction et les règles des compagnons pour en faire des symboles.

Peut-être à ce stade faut- il définir qu’est un symbole ?
Le mot vient du grec « symbolon » et signifie : ce qui est rassemblé, regroupé. Dans un

sens figuré, nous pouvons dire que le symbole est une équivalence.

Selon Friedrich Creuzer : « Le symbole inclut en soi le rapport entre les divinités et les hommes … ; les forces fondamentales, qui furent personnifiées dans les divinités, régnèrent sur les signes vers lesquels l’homme cherchait à tendre dans des situations importantes de la vie. »

En effet, tout symbolisme repose sur cette liaison originelle entre les divinités et les hommes, ainsi, c’est à travers le symbole que les prêtres reflètent la connaissance transcendantale.
C’est ce qui explique que le symbole a de tout temps été placé très haut, au-dessus des autres formes d’expression imagée.

Le symbole est une expression qui rend visible les liens avec l’invisible.

Une autre caractéristique est l’impact « subi » ou perçu lors de la compréhension du symbole, on peut ressentir dans l’instant une perception corporelle dont le caractère est la brièveté, l’évidence momentanée.

Un effet secondaire de cette fugacité est l’édification, le sursaut, l’effet de « choc ». Ainsi le symbole est-il, dans le culte, l’équivalent des lois de l’univers.

Il est la présence réelle de la divinité, du transcendantal et du numineux.

Le symbole ne renferme pas seulement un signifié, c’est-à-dire un concept auquel on se rattache en l’illustrant, mais encore un signifiant, c’est-à-dire une forme concrète (image acoustique, symbole graphique) ;
c’est une expérience vécue et incommunicable du spirituel, de l’invisible et du sacré, et ceci sans la médiation de la pensée abstraite, c’est-à-dire sans le mental.

Ainsi, le symbole se trouve en relation directe avec le contenu spirituel fondamental et la loi qui nous en fait prendre conscience.

Le symbole peut devenir médiateur entre le domaine de ce qui n’est plus exprimable et compréhensible d’une part, et la conscience de ce que nous en avons d’autre part.

Le symbole dévoile immédiatement, il produit son impact à l’instant du vécu.
Il est essentiel de savoir que le symbole ne parvient à sa propre valeur et sa véritable

force que par l’expérience qu’on en fait en le vivant.

Avant cette expérience personnelle, le sens du symbole n’est que rationnel, mental, car il nous arrive de l’extérieur, sous une forme quelconque que nous avons acceptée comme telle et stockée dans notre mémoire.
A ce stade, je crois qu’une illustration vaut bien un long développement,
nous allons effectuer un saut au travers des âges qui nous aidera à comprendre l’essence d’un geste que nous réalisons ensemble à chaque tenue et dont la signification révèle un symbole vivant : la chaîne d’union.

Il y a plus de quarante-cinq mille ans, l’homme découvre un nouveau moyen d’expression : la peinture pariétale.

L’examen d’un élément particulier pour le sujet du jour est la présence au fond de certaines grottes, souvent les plus profondes, d’empreintes de mains, appartenant à une multitude d’individus, accolées les unes aux autres.

La « grotte des mains peintes » du Rio Pinturas en Patagonie (Argentine). Datée de 9300 ans av. J.-C.)

Quel en était le sens ?

Une certitude se dégage :

Il y a des dizaines de milliers d’années, des hommes et des femmes, ont pénétré dans des grottes constituant des lieux « ritualisés », et ensemble, ils ont accompli un geste, très certainement, au cours d’un rite.

Ces mains accolées sur les parois suggèrent une symbolique puissante de fraternité et d’échange comme l’est la « chaîne » fraternelle.

Chaque main est un maillon gravé sur la paroi ; ces maillons réunis forment ensemble une chaîne symbolique, vecteur puissant d’énergie qui permet d’entrer en communication avec cet au-delà mystérieux.

« Par la puissance de notre union, en gravant l’empreinte de notre main sur la paroi, nous aimantons les forces invisibles, nous leur donnons de notre substance et nous en recevons en retour ».

Cette chaine, symbole d’une reliance horizontale et verticale peut être considérée comme ancêtre de la chaîne d’union de nos tenues maçonniques.

Au travers des âges, nous retrouvons divers témoignages de cet élément symbolique fort : la chaîne d’union.

Sur un bas-relief dans le temple des millions d’années de Ramsès III à Médinet Habou (-1154 av. J.-C.) Egypte est représentée une chaîne d’union de divinités et de Pharaon.

Pharaon étant l’interface entre le monde des Dieux et le monde des hommes, cette chaîne d’union nous suggère l’idée d’un échange entre la sphère divine et la société humaine par son intermédiation.

Par analogie, le Vénérable Maître, descendu de l’Orient, n’est-il pas, également le trait d’union symbolique entre le Grand Architecte de l’Univers et les Frères ?

Medinet Habou ; salle hypostyle

Ces mains jointes symbolisent une communion entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas »,

Par le symbole l’être humain communique avec l’autre monde, celui du Principe de la Création ;

Symboliquement et opérativement, la chaîne d’union unit, scelle une alliance non seulement entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas », mais aussi entre les différents intervenants, les maillons de la chaîne.

Nous retrouvons ce même symbole chez les peuples gréco-orientaux, les Etrusques, les Iapyges, au travers des millénaires.

Le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace (IV siècle av. J.-C.)

Frise provenant du Téménos des Grands Dieux de Samothrace

Le culte de Mithra (IIe siècle av. J.-C.- IIIe siècle apr. J.-C.

Mithra-Helios, avec bonnet phrygien et rayons solaires, et Antiochos Ier de Commagène (I av. J.-C.)

Les Iapyges : VIIe – IIIe siècle av. J.-C.

Vase Peucète (Ve siècle av. J.-C.)

Le vase de Campi Bisenzio (700-680 av. J.-C.)

Les étrusques : VIIIe – Ier siècle av. J.-C.

« Les quatre parois du tombeau représentent une théorie de femmes qui tiennent par la main non pas leurs deux voisines immédiates, mais celles qui précèdent et suivent celles-ci.
Elles forment une chaîne qui peut inverser son mouvement sans s’interrompre ».

La fresque de prêtresses antiques de la tombe de Ruvo di Puglia. 450-400 av. J.-C

Nous retrouvons ainsi différents types de chaîne d’union :

Par exemple une fresque des prêtresses étrusques du 4ème siècle avant notre ère montre une chaîne d’union « courte », croisée, avec le bras droit sur bras gauche.

Toujours est-il que l’acte de se donner la main lors de rituels revêt à chaque fois une symbolique particulière :

L’échange physique a un impact énergétique et vibratoire qui scelle un engagement entre les frères mais également de chacun envers le GADLU.

A LA GLOIRE DU

Grand Architecte De L’Univers Grand Géomètre De L’Univers

DE L’ORIGINE DU COMPAGNONNAGE, A LA FRANC-MACONNERIE.

Préambule

Nous appartenons à la Franc Maçonnerie:. de la pierre. Mais il a existé une Franc Maçonnerie:. du bois beaucoup plus secrète. C’était celle des hommes de la forêt. (Bucherons, Scieurs, Fendeurs, Charbonniers, Charpentiers de haute futaie, et de basse futaie etc .)

Aussi à la lecture de ce travail vous entendrez quelques expressions spécifiques à ces métiers du bois :

« Dans sa Loge au milieu des forêts, charbonnier est Maître chez-soi ».

Il est difficile à un  »Renard », un curieux, un étranger au compagnonnage, ou à un  »Goujat » un manœuvre, d’aborder un tel sujet.
Il existe peu d’études précises sur la beauté du symbolisme et sur les rites des compagnons du devoir.

De plus, dans les  »Cayennes », ou maisons d’accueil, la transmission était avant tout orale, et les secrets bien gardés.
Jusqu’au XIXme siècle la tradition voulait que les compagnons détruisent tout leurs écrits par le feu.

Les cendres étaient alors mêlées au vin que l’on buvait lors de la fête patronale.

Rappel historique :

Les origines du mouvement semble se situer lors de la mystique construction du Temple de Salomon à Jérusalem il y a plus de 3000 ans.
Par la suite, avec l’éclatement des Empires Grec, Égyptien, puis Romain, les  »collegiae » d’artisans se sont transformées en guildes de métiers.

Lesquelles ont débouchées au XVme siècle sur le compagnonnage actuel. C’est à partir de l’an 1100 que l’organisation des confréries se précise.
Lors des croisades, pour remercier les guildes de charpentiers et de maçons qui servaient de troupes de génie militaire, un protocole passé par Guy de Lusignan, Templier et Roi de Chypre les fit  »œuvrier-francs ».

Donc libre de circuler de villes en villes pour travailler.
Ce à la condition de ne pas être armés.
Après la première croisade, ces hommes du bâtiment gardèrent leurs privilèges et adoptèrent le nom de Compagnons du Saint-Devoir de liberté du rite de Salomon.
Par un savoir-faire qui ne s’acquiert qu’au cours d’une longue praxis, ils spiritualisaient la matière en faisant passer l’idée du sacré dans la forme.

Là était le secret .
La lumière qui éclaire tout homme, ils l’intégraient dans le bois, la pierre ou le verre .
Cet art gothique aérien, tout en légèreté laisse passer la lumière. il fait se redresser l’homme. Il lui fait relever la tête vers les cieux.
Il le sublime.
Tous ces compagnons éclairés étaient des passeurs de lumière.
Par la magie des nombres et par une recherche de perfection ils ont fait vibrer leurs œuvres. Pour ces ouvriers médiévaux le travail était une véritable religion.

Au début du XIme siècle, chaque corps de métier du bâtiment recevait ses membres dans une loge située sur le chantier.
Ou, au pied des remparts des abbayes cisterciennes tel celle de Cluny en Bourgogne.

La plus ancienne loge compagnonnique française connu, est datée de l’an 1200. Elle était située au pied de la cathédrale de Strasbourg.
Là des moines, assistés de Maîtres transmettaient un savoir tel que défini dans les anciens devoirs.

Un très grand moine; St Bernard de Fontaine, Abbé de Clairvaux en fut le bras et l’esprit.
Les anciens devoirs aussi appelés  »Oldes Charges Opératives » détaillaient le Trivium, soit les 3 arts de la parole : (grammaire, rhétorique, logique) et le Quadrivium, les 4 branches des mathématiques: (arithmétique, musique géométrie, astronomie).
Ils exhortaient Euclide, Pythagore, et Hermès. Insistaient sur le respect des usages et des règles de bonne conduite morale et religieuse. Enfin traitaient de la bible et des évangiles.

On retrouve ces écrits dans le manuscrit du Roi anglo-saxon Athelstan daté de 930.
Dans les ordonnances de Londres de 1356 rédigées en français et dans les manuscrits: Régius, Cooke, et autres.

A la suite d’une destruction systématique lors de la réforme, peu de manuscrits se rapportant aux anciens devoirs demeurent aujourd’hui. 150 exemplaires nous sont parvenus dans un piteux état, dont un seul en entier :  »le Régius » daté de 1390.
Il faut savoir que les premiers manuscrits étaient écrits en vers afin d’être plus facilement mémorisés par des ouvriers issus du peuple; compagnons intelligents, mais peu instruits.
Après la guerre de 100 ans, le travail des artisans s’émancipe. Dans les faubourgs naissent des communes libres.Là s’ébauche une organisation du travail.
Les premiers prolétaires apparaissent désignés sous le sobriquet  »d’ongles bleus ». Soucieux de conserver leurs secrets de métier et leurs rites, les compagnons se réunissent à Ratisbonne en 1549 pour établir de nouveaux statuts.
L’équerre et le compas entrecroisés (corps et esprit) sera leur nouveau symbole. Il remplacera le labyrinthe qui faisait référence à Dédale G.A. crétois.

Il faut faire une différence entre confréries de métiers et compagnonnage. Au sein des confréries, les  »valets » ou  »œuvriers » obéissaient à un seigneur qui n’était pas le meilleur d’entre eux ni homme de l’art, mais simplement un noble argenté à qui parfois il fallait payer un droit de travail ! avec pour conséquence le ferment du syndicalisme.
A la différence, les compagnons du devoir visaient l’élitisme.

Ils élisaient le Maître-d’œuvre.
Ce dernier était avant tout un homme de l’art.
Le meilleur dans le métier et dans la spécialité.
Le Maître élu avait le devoir d’enseigner les arts libéraux, l’élévation du plan, la science du trait et celle des marques.
Le compagnonnage est donc une association ouvrière qui porte depuis plus de huit siècles une connaissance technologique, spirituelle et philosophique au service du métier et des hommes.
Chaque membre, quel qu’il soit, y est admis dans certaines conditions de choix, par ses pairs. Il groupe les seuls métiers qui permettent aux hommes de façonner de leurs mains un objet complet, dans une matière, et par l’application de différents arts.
Il existe plusieurs Rites compagnonniques. Ils sont toujours pratiqués de nos jours.
Tout d’abord le rite du Roi Salomon du devoir de liberté. Il fut le seul à exister jusqu’à la réforme. La révocation de l’Édit de Nantes et les guerres de religions furent la cause d’une profonde scission.
Deux nouveaux rites opposés virent le jour : Le rite du Père Soubise; charpentier, moine bénédictin ou cistercien, toujours représenté en robe de bure, compas en main sur les vitraux des églises, et celui de Maître Jacques, tailleur de pierre. Ce rite fut créé en mémoire de Jacques de Molay dernier Grand Maître de l’ordre du temple. Lequel fut brulé vif à Paris en 1314 sur l’ilot aux juifs, actuellement nommé square du vert galant.
Cette séparation fut marquée par une lutte sans merci entre les Devoirs.
La célèbre bataille de la Crau vers 1730 en est un exemple. C’est dans cette plaine du S-E de la Camargue que les CC:.  »devoirants » (catholiques) et les CC:.  »gavots » (protestants) se retrouvèrent pour en découdre. Ils étaient armés des terribles cannes de bois ferrées.
Un grand nombre de blessés et de morts restèrent sur place, et les gendarmes appelés en renfort mais pris à partie par les 2 camps eurent beaucoup du mal à rétablir l’ordre.
Bien avant il y eut le sabotage de la cathédrale d’Orléans. C’est depuis ce jour que les menuisiers, partisans de la réforme et accusés de la chute de la flèche et de l’écrasement de la nef furent appelés les  »gavots » et bien plus tard  »les pots-à-colle ».
Vint la révolution de 1789 et sa tourmente. En 1791 la loi Chapelier interdit le compagnonnage. Les restrictions de libertés furent encore aggravées sous l’empire.
Sous le règne de Louis Philippe, les compagnons furent pourchassés. Ils durent se cacher pour éviter la prison.
Discrétion et entraide devinrent nécessités. Le pouvoir absolu de l’église interdisait les confréries au motif qu’elles usaient d’un langage et d’une écriture spéciale pour communiquer.
Il s’agit de nos alphabets carrés hiéroglyphiques.

En 1846 un charpentier du devoir de liberté : Agricol Perdiguier dit  »Avignonnais la vertu » s’attacha à réunir les devoirs.
Hélas sans grand succès, l’information circula lentement et mal.
Il fallut laisser le temps au temps pour que les rivalités anciennes s’estompent.

Toutefois les rivalités n’étaient pas uniquement d’ordre politique ou religieux. Lorsque deux Devoirs ennemis habitaient la même ville, ils entraient en compétition pour avoir du travail. Tels les travaux de la ville de Lyon vers 1800 qui mirent en concurrence les tailleurs de pierres de Maître Jacques et ceux du Père Soubise pour un contrat de 99 ans.

Pour se départager, ils avaient recours à un concours .
Le devoir qui exécutait le meilleur chef-d’œuvre restait maître de la ville.
A cette époque, il n’était pas besoin d’appel d’offre, de contrôle qualité, ni d’assurance qualité et encore moins de normes ISO 9000. 1-2-3
Cette force spirituelle, cet état d’esprit, cette probité, était et reste l’honneur et le devoir d’excellence d’un compagnon fini.
Au XXme siècle, l’industrie, le taylorisme, et les ravages des deux guerres mondiales mirent temporairement fin à une union des devoirs.
Toutefois le compagnonnage surmonta ces épreuves. En 1945 les survivants des camps allemands se rassemblèrent en 3 grands centres d’union désormais amis.
– a /L’association ouvrière des compagnons du devoir qui rassemble majoritairement les compagnons qui travaillent les métaux.
– b /La fédération compagnonnique des métiers du bâtiment.
Qui réunit le rite des compagnons de Soubise (dit indiens ou loups) et de Salomon
(dit chiens) sous l’appellation nouvelle de chien-loups.
– c /L’union compagnonnique groupant majoritairement les métiers qui ne sont pas du bâtiment sous le rite de Maître Jacques.

Les moyens du compagnonnage :

Ce sont l’Étude du trait, le Tour de France, et le Chef-d’œuvre avec pour règle de base :

« Ce que tu fais te fais. »

Passé la période d’apprentissage, une cérémonie de passage est décidée. Elle comprend un renoncement, une purification et un serment.
Sur le sol de l’atelier figure un labyrinthe symbole qui fut longtemps l’emblème des compagnons. Là le  »Rouleur » fait subir à l’impétrant les épreuves.

Le futur compagnon doit souffrir dans sa chair pour comprendre cette règle d’honneur et de vaillance avec laquelle on ne compose pas.
Son serment prêté,  »l’Estimable » lui donne un baiser sur la bouche  »le coup de bédane » (déformation de l’anc. fr. bec et d’âne: canard) et lui remet et ferme ses joints ou boucles d’oreilles d’or.

Symbole de l’attachement définitif au métier.
Aux siècles passés les oreilles étaient percées avec un clou préalablement affuté pendant des heures en cabinet de réflexion. (L’histoire nous informe qu’il y a + de 2000 ans, les riches propriétaires romains, clouaient par l’oreille, au chambranle de la porte de leur maison, l’esclave nouvellement acheté. Ceci afin de lui signifier son attachement définitif à sa nouvelle demeure). Les rites des métiers étaient très rudes. La circoncision, effectuée avec une bisaiguë chez les charpentiers était chose courante.

Cela s’appelait le  »désaboutage » et représentait le tribut à payer pour accéder à la connaissance. Les accidents graves étaient fréquents, de nos jours le désaboutage est devenu symbolique.
Au cours de sa réception, il reçoit la lampe d’Aladin, sensée l’éclairer dans sa recherche.

Il apprend le  »topage », ou attouchement, le mot de passe, et la  »guilbrette », sorte de danse rituelle effectuée lors d’une rencontre.
Puis le nouvel initié se voit attribué un nom de baptême. Il reçoit le nom d’une vertu ou d’un trait de caractère suivi du nom de son pays d’origine par ex: cœur loyal du Périgord.

Les compagnons qui travaillent en hauteur sur des échafaudages se nomment entre eux des  »Coteries ». Les Coteries se réunissent dans des Cayennes où ils descendent en Loge.
A l’inverse, ceux qui restent au sol, les menuisiers par exemple se nomment entre eux des  »Pays ». Ils se réunissent aussi dans des Cayennes où ils montent en Chambre.

Ces cayennes sont tenues par une femme initiée et élue  »la Mère ». Elle est très respectée et marquée au fer par un bracelet rivé à son poignet. A chaque étape de son tour, le compagnon se fait reconnaître par le mot et le topage ou signe de son état.

Contre redevance, il demande asile et travail chez un  »Singe » un patron. Ceci fait ref à l’expression être payé en monnaie de singe, c. à d. avec des grimaces. Pendant son séjour, il est placé sous l’autorité du  »Premier en ville » qui se charge de l’assister.

S’il s’est bien conduit et a travaillé consciencieusement, les compagnons, à son départ lui feront une conduite bien arrosée jusqu’aux faubourgs de la ville. Dans le cas contraire, il subit une  »conduite de Grenoble » expulsion infamante de ceux qui ont failli à l’honneur ou à la probité.

Ses couleurs sont brulées, sa canne brisée et il est réputé renégat ou dernier des derniers.
Passé son initiation, le compagnon part faire son  »Joli Tour de France ».
C’est une formation complémentaire de 3 à 5 ans. Par son caractère itinérant il permet la fréquentation des anciens qui détiennent à la fois la connaissance, les tours de mains, et les secrets de la tradition.

Il effectuera son tour de France dextrorsum ceci pour remonter symboliquement au point de départ de la connaissance.
Sur le tour, le chapeau du compagnon arborera les couleurs de son métier. Son costume orné d’un écusson : (patte d’oie pour les charpentiers) définira son état.
Il sculptera sa canne, symbole du pèlerin. Elle lui servira d’arme de défense et de soutien physique. Ainsi que symbolique dans sa longue marche vers la connaissance.
C’est à l’intérieur du pommeau qu’il mettra son cheval, ses égards, sa lettre de course, son carré.
En un mot, son passeport de compagnon qui sera plié rituellement et marqué de son sang.

Il devra le présenter à chaque étape.
C’est en quelque sorte sa carte d’identité et son certificat de travail. A sa mort, sa canne le suivra dans sa tombe et son cheval (mot se référent certainement à un héritage chevaleresque) sera brulé et mélangé au vin que ses frères compagnons boiront en chantant le très connu chant des adieux :

« Ce n’est qu’un au revoir mon frère », ou bien encore ce chant initiatique des charpentiers :

« Le bateau est renversé, il faut le redresser, attention à la baleine et aux chants des sirènes »

allusion évidente à la Bible et au livre de Jonas.

Le Trait:

Cette science du trait fut longtemps transmise comme un rare trésor par les moines cisterciens.
Ils le développèrent à partir de 1150 dans l’abbaye de Fontenay en Bourgogne.

Le trait est avant tout de la géométrie descriptive.
Plus qu’une science, c’est un art, et ses secrets principaux nous viendraient d’Orient.
Il permet l’assemblage par interpénétration de solides et de développer des constructions dans leur vraie grandeur ou herse.
A l’inverse du dessin industriel, le trait de l’épure représente le fini dans l’infini. Le trait est l’art de la ligne et du point qui refuse d’être opposé aux chiffres.
Le chiffre est scientifique, mais la ligne, le trait, est initiatique.
En chambre de trait, le  »Maître Gâcheur » bien souvent assisté d’un
 »Lapin » c.a.d d’un apprenti tracera l’épure au sol.
Seul des symboles spécifiques, permettent de se retrouver dans ce fatras de lignes qui représentent uniquement des axes ou des faces. Contrairement au dessin industriel, la pièce n’est jamais représentée en épaisseur, longueur ou largeur.
C’est par rabattement, ou rotation, qu’on peut trouver les points de jonctions et les coupes d’éléments se trouvant dans l’espace sous n’importe quel angle du plan et sans faire intervenir le calcul.
Sur l’épure, les compagnon maçons tracent les pierres équarries. Ils les appareillent selon les angles donnés par le tracé. Quant aux charpentiers ils piquent en gras ou en maigre les bois non équarris, après les avoir  »contre- jaugés » (mis de niveau et de dévers) et alignés à l’aplomb de l’épure.
Il en allait de même pour la science des marques.

Les francs, contremarques, croix, patte d’oies, crochets, flèches, etc. avaient leur signification dans le levage de la forêt qui précédait la construction de l’édifice, ainsi que dans la taille et l’assemblage des bois et des pierres.
En outre, sur chaque pierre équarrie et taillée une marque spécifique permettait à chaque tailleur d’être reconnu et payé comptant et satisfait.

L’histoire nous rapporte que les Templiers ont aidé les Égyptiens à vaincre les Turcs. Ils furent récompensés par les vainqueurs.
Lesquels leur communiquèrent des secrets de bâtisseurs détenus par leurs prêtres. C’est ainsi que le nombre d’or : 1,618 revint en Europe.

Je dis revint car Pythagore qui avait étudié en Gaule celtique avait certainement fait connaître aux Druides cette proportion dorée plusieurs millénaires auparavant.
Au cours des siècles, des hommes tel que Pythagore, Vitruve, Fibonacci, ont démontré mathématiquement qu’il existait une divine proportion.

Il paraît incroyable de pouvoir mettre la beauté en équation.
Pourtant la grande pyramide de Chéops, le Parthénon de l’Acropole, et certaines cathédrales en sont la preuve.
Par la suite, des Maîtres d’œuvres médiévaux consacrèrent ce nombre d’ornement,
cette divine proportion: 1,618 dans la dimension de leurs cannes et par divers Chefs-d’œuvres.
Ce qui est tout aussi étonnant, c’est que des compagnons, par l’usage de la corde à 12 nœuds et 13 espaces aient pu tracer un triangle rectangle parfait,  »le tricacin » (3.4.5.) et le pentagramme, mais aussi approcher cette divine proportion à partir du rapport des nœuds 5 et 3. (5/3 = 1,6) et ils n’avaient jamais entendu parlé de la série du moine Fibonacci.

Le Compagnon fini :

Un Chef-d’œuvre personnel clôt le Tour de France et le cycle d’étude professionnel.
Il fait entrer le compagnon dans un stade supérieur de compréhension qui lui permet de consacrer toutes ses forces à son métier.
Il est engagé sur un chemin de lumière.
Par la conscience du métier, le compagnonnage mène à celle de l’homme, et par la conscience de l’homme à celle de la cité. C’est après l’acceptation de son chef-d’œuvre, que le Chevalier errant de l’artisanat comme le nommait G. Sand est reconnu compagnon fini. L’éclat du jour a chassé les ténèbres. Un compagnon fini est un homme de lumière.

Il se doit de réunir l’esprit et la matière.

Par le chef-d’œuvre, il accède à l’illumination ; a la notion d’élite.
Et de la notion d’élite à celle d’une tradition ésotérique sans laquelle le compagnonnage ne serait rien d’autre qu’une formation de travailleurs très qualifiés.
Le compagnonnage est un Saint Devoir. Il n’est pas un ordre civique de travailleurs.
Il est une Chevalerie de l’artisanat par la création d’œuvres manuelles réalisant l’unité de conception, d’exécution et de spiritualisation.

Les Devoirs du Compagnon fini :

Les devoirs sont un ensemble de vertus destinées à perpétuer le compagnonnage.

Ils incluent les vertus cardinales : (justice,prudence,tempérance, force),

théologales : (foi espérance, charité) et éthiques.

Tels :
l’Honneur dans sa vie d’homme,
la Fraternité entre compagnons,
le Travail qui se comprend avec l’amour de l’effort et le respect de la matière. La volonté de transmission du sacré qui fait ressortir le beau, le vrai, et l’amour divin.

Cette association de métiers ne fut jamais purement opérative.
Aux buts professionnels s’ajoutaient des préoccupations spirituelles.
La principale était d’ordre religieux.
Chaque métier a toujours son Saint-patron.
Les compagnons vénèrent divers Saints suivant les régions.
En particulier les quatre couronnés qui refusèrent de tailler une statue en honneur d’Esculape Dieu de la médecine. Ils furent martyrisés en l’an 300.

En fait, le compagnonnage est une grande famille ou les préoccupations de chacun sont partagées par tous. Il a créé ses assurances sociales, sa caisse de retraite, le placement de ses ouvriers, l’entraide des veuves, bien avant que l’état ne s’en préoccupe.

Le compagnon est avant tout un homme de partage.
Ce mot est d’ailleurs composé de deux racines latines  »cum » partager, couper, et  »panis » pain  »cumpanis » celui qui partage le pain.

A l’heure actuelle on assiste à un regain d’intérêt des jeunes pour le compagnonnage.
S’agit-il d’une réaction à un syndicalisme trop politisé ?
D’un rejet de l’enseignement dont les peaux-d’ânes préparent trop souvent à l’enrichissez vous ?

D’un refus du triomphe de l’égoïsme et de l’ambition ?
J’opterais plutôt pour un besoin de liberté, et de reconnaissance.
Éléments nécessaires à l’épanouissement d’une jeunesse inquiète.
Le compagnonnage peut donner liberté, reconnaissance, et dignité aux jeunes par l’apprentissage.
A titre personnel, je pense que le rejet des métiers manuels par notre élite est le grand péché du XXme siècle.
Et toutes les lois sociales ne compenseront pas l’abandon des jeunes au début de leur vie.
Il est regrettable que de nos jours, le compagnonnage ait perdu de sa spiritualité. Néanmoins, il garde fidèlement son rôle.
Celui d’insuffler des méthodes de travail, de former des artisans aux gestes distingués, des ouvriers virtuoses, à l’âme pure et aux bras vigoureux.

Cette devise des compagnons du Devoir.

« Ne pas s’asservir, ne pas se servir, mais servir »

pourrait tout aussi bien être la règle d’or de nos concitoyens pour le plus grand bien de notre société.
Encore faudrait-il, une véritable éducation, une probité, une éthique, et une recherche intérieure, qui fait défaut dans l’actuelle conjoncture humaine.

Le Compagnonnage et la Franc – Maçonnerie :

Au XVIIIme siècle, les guerres, la communication du trait et de la connaissance ésotérique à une petite élite causa un affaiblissement du compagnonnage.
Pour survivre, des membres cultivés non issus des métiers opératifs furent acceptés parmi les compagnons.
Trois raisons incitèrent une noblesse cultivée à franchir le pas :

1° / Une forme licite d’association protégée par les puissants où il était bon de se montrer.

2° / Une communication discrète d’informations de cité à cité.

3° / Une soif d’égalité, de liberté, de fraternité, mais aussi de curiosité et de pouvoir.
Soucieuse du respect de la tradition, cette FM:. naissante réintégra les savoirs anciens et délaissés: symboliques, alchimiques, kabbalistes, hermétistes, gnostiques et les vertus chevaleresques.

De plus, la mise en chantier des droits de l’homme, et une recherche de liberté et de vérité vint compléter cet idéal maçonnique.
Ainsi naquit le glissement progressif d’une partie des loges opératives vers des loges spéculatives.

Quelques dates importantes :
– 1687 Guerre des Roses en Angleterre. La rose blanche des York triomphe. Charles 1er est éxécuté par Cromwell. Jacques Stuart se réfugie en France, à Saint Germain -en Laye. A l’aide des Chevaliers de l’Ordre du Chardon d’Ecosse, la rose rouge des Lancastre réimplante l’écossisme en France.

– 24 juin 1717 à Londres, le jour de la Saint Jean d’été, quatre Loges à majorité spéculatives s’unissent. Ainsi naquit officiellement la Grande Loge Unie d’Angleterre mère de la Franc Maçonnerie:. actuelle. Par la suite, le pasteur Anderson mettra au point la règle en 12 points.

– 1789 La France compte près d’une centaine d’ateliers. (Rites anciens et Rites modernes confondus) Ceci sous les auspices du GO – Grand Orient De France. Certaines de ces loges seront à l’origine des clubs révolutionnaires.

– 1877 abandon de l’obligation de croyance en Dieu par le GO qui se retrouve ostracisé par les obédiences anglo-saxonnes et avec lui le gros de la Franc Maçonnerie:. française. Néanmoins, la GLDF – La Grande Loge De France avec le REAA – Rite Ecossais Ancien Et Accépté conserva cette obligation de croyance au GADLU. -Grand Architecte De L’Univers

– 1913 fondation de la GLNF- Grande Loge Nationale Française soucieuse de régularité, de reconnaissance et du maintien de la tradition.

– 1940 toute forme de Franc Maçonnerie:. et de compagnonnage est interdite en France par le maréchal Pétain. Mais la libération de la France leur permet de renaître.

– 1965 La GLUA – Grande Loge Unie D’Angletrre ne reconnaît plus la GLDF – Grande Loge De France car elle refuse d’abolir le droit de visite aux maçons laïcs et / ou athés du GO – Grand Orient ainsi qu’aux obédiences mixtes ou féminines.

– 2012 Schisme au sein de la GLNF – Grande Loge Nationale Française. La situation y est implosive.

Les obédiences européennes lui retirent leur reconnaissance ou la suspendent
Démission de nombreux frères qui cherchent ailleurs une Franc Maçonnerie:. authentique.

-2013 Seules subsistent en France des obédiences régulières telle que La Grande Loge Des Maçons Libres entre autre qui cherchent à se fédérer sous une seule bannière
Comme par exemple L’Union Des Grandes Loges Régulières Françaies. (comprenant La GLML. La Grande Loge Des Maçons LIbres – la GLIF – Grande Loge Indépendante De France . la GLTF – Grande Loge Traditionnelle De France )

A ce jour, il n’y a plus d’obédience reconnue en France. Espèrons qu’un jour !!!!!!!!!!!!!!!

Pour conclure :

Je pense pouvoir dire que le Compagnonnage et la Franc-Maçonnerie sont deux branches différentes issues d’un tronc commun:

« les bâtisseurs de cathédrales ».

Que ce tronc d’arbre a des racines orientales et occidentales.
Que la tradition est comparable à un feu de forêt que l’on croit mort mais qui couve sous terre et rejaillit là ou on l’attend le moins

Épilogue

Voici un court extrait tiré d’un ouvrage de Charles PEGUY. .

Le bâton de chaise

Nous avons connu un honneur du Travail, exactement le même que celui qui, au Moyen-âge, régissait la main et le cœur. C’était le même, conservé intact en dessous.

Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, égal dans le plus infime détail.

Nous avons connu cette piété de « l’ouvrage bien faite » poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences.

J’ai vu, toute mon enfance, rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main que ce peuple avait taillé ses cathédrales.
Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait.

C’était entendu.
C’était un primat.
Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron, ni pour les connaisseurs, ni pour le client du patron.
Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même pour lui-même, dans son être même.
Une tradition venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulaient que ce bâton de chaise fût bien fait.
Toute partie dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement, aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait.
C’est le principe même des cathédrales.
Et ce doit être le notre.

JPS / Avril 2017
La Grande Loge Des Maçons Libres Pour les Respectables Loges

  • ⦁  Union Fraternelle
  • ⦁  La Porte D’York
  • ⦁  Via Ad Lucem
  • ⦁  Robert Burns Loge de Recherche et de Perfection